Y'a rien à voir ici
déc. 3e, 2009 | 04:20 pm
Pour ceux qui attendent impatiemment depuis 2 ans et demi que je mette à jour sur ce blogue, je vous informe que ça se passe maintenant ici : www.tuverrasclavier.com
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(pas de sujets)
avr. 15e, 2007 | 08:09 pm
Cacher une perle dans la neige
Pour la torturer
Tu me l’as demandé ce matin
J’ai dit oui
Tu m’as proposé
De briser la nacre
D’arracher le cœur encore chaud
De le noyer dans la glace
Pour le simple plaisir
De le torturer
Tu me l’as demandé ce matin
Je l’ai fait
Avec tes mains
Pour la torturer
Tu me l’as demandé ce matin
J’ai dit oui
Tu m’as proposé
De briser la nacre
D’arracher le cœur encore chaud
De le noyer dans la glace
Pour le simple plaisir
De le torturer
Tu me l’as demandé ce matin
Je l’ai fait
Avec tes mains
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Serviteur de l'État
déc. 11e, 2006 | 07:06 pm
Je refuse toujours d’avoir mal à la tête au travail. Les tentations sont nombreuses pour céder à la douleur, pourtant. L’éclairage aux néons grelotte sur le blanc des murs. Il étouffe toute parcelle de chaleur. J’essaye en vain de me concentrer à travers les ébullitions bureaucratiques qui m’assaillissent. Les téléphones se plaignent tandis que les imprimantes, elles, vomissent des formulaires bien frais, à côté des moustachus qui partagent des histoires de moustache.
En bon technicien au service de l’État, je dois préparer les artifices de la prochaine réunion, qui aura lieu à neuf heures trente précise. Je balance par-dessus mon épaule toutes les gaines de mes étuis. La journée vient seulement de commencer.
Je passe devant la secrétaire qui a l’air malade. Ce doit être l’effet les néons, encore une fois.
— Bonjour!
— Bonjour.
Elle me fait une grimace, je lui réponds d’un sourire, puis elle replonge dans ses papiers. Des photos d’enfants tapissent les murs de son bureau à cloisons. Une belle collection de petites grimaces toutes fraîches. J’ignore si ces bouts de choux sont les siens. J’ai toujours peur de lui demander, craignant qu’elle m’entraîne dans une discussion accablante de petite madame. Je crois que c’est encore pire qu’entendre des histoires de moustaches.
J’entre dans le local 7-03C et mon premier réflexe est de refermer la porte derrière moi, pour retrouver un spectre de tranquillité. En l’absence de bruit, mon mal de tête ressurgit. Je me serre les tempes avec les doigts. Neuf heures dix. Je dois préparer le matériel.
Je plonge mes mains dans le spaghettis de fils pour tout brancher : ordinateur portable, canon projecteur, souris. Les chaises sont en place. Neuf heures vingt.
Le matériel est installé à temps. Je m’assis sur ma chaise, prêt à démarrer la présentation, mais personne n’est encore arrivé. C’est chaque fois la même histoire, avec les fonctionnaires. Toujours en retard, comme s’ils n’avaient eu aucune mère pour leur enseigner à se rendre à table dans les temps.
Après une longue attente où j’ai bâillé à m’en décrocher la mâchoire, je constate que l’éclairage est encore trop fort pour la projection. Je m’avance alors devant les stores, qui sont à moitié ouverts, et j’empoigne leur chaînette. Évidemment, je tire du mauvais côté et j’ouvre les battants bien grands, me retrouvant ainsi enveloppé d’une vive lumière qui me brûle la rétine.
En plissant les paupières, j’ai peine à voir l’extérieur flamboyant. Je pose la main en visière sur mon front, puis, alors que l’hiver se dévoile, je me retrouve hypnotisé. La neige se répand en petits flocons dans la brise matinale. En bas, on a déjà investi la glace du carré, où des patineurs s’amusent sous des cantiques de Noël. Quelle vue merveilleuse. Je relève le visage et vois le Soleil qui émerge derrière un nuage, et pourfend la grisaille de ses chaleureuses flèches. Les cimes du château Frontenac reluisent comme si les portes du paradis s’ouvraient devant elles. Un manteau d’or et d’argent enveloppe la ville, la réconforte d’une nuit où aucune étoile n’a brillé dans le ciel.
J’entends alors les fonctionnaires entrer dans la pièce, et je m’empresse de refermer les stores.
Une demi-heure plus tard, je pianote sur la souris pour que défilent mes diapositives. On me demande si, à l’image six, il serait préférable d’utiliser Arial au lieu de Times. Cette question ridicule n’obtient aucune réponse. On a gaspillé de la salive, car je ne suis plus dans ce local. Mes pensées ont glissé en cours de route, je me suis égaré de l’autre côté du mur, sous le soleil, là où les néons n’ont jamais existé.
En bon technicien au service de l’État, je dois préparer les artifices de la prochaine réunion, qui aura lieu à neuf heures trente précise. Je balance par-dessus mon épaule toutes les gaines de mes étuis. La journée vient seulement de commencer.
Je passe devant la secrétaire qui a l’air malade. Ce doit être l’effet les néons, encore une fois.
— Bonjour!
— Bonjour.
Elle me fait une grimace, je lui réponds d’un sourire, puis elle replonge dans ses papiers. Des photos d’enfants tapissent les murs de son bureau à cloisons. Une belle collection de petites grimaces toutes fraîches. J’ignore si ces bouts de choux sont les siens. J’ai toujours peur de lui demander, craignant qu’elle m’entraîne dans une discussion accablante de petite madame. Je crois que c’est encore pire qu’entendre des histoires de moustaches.
J’entre dans le local 7-03C et mon premier réflexe est de refermer la porte derrière moi, pour retrouver un spectre de tranquillité. En l’absence de bruit, mon mal de tête ressurgit. Je me serre les tempes avec les doigts. Neuf heures dix. Je dois préparer le matériel.
Je plonge mes mains dans le spaghettis de fils pour tout brancher : ordinateur portable, canon projecteur, souris. Les chaises sont en place. Neuf heures vingt.
Le matériel est installé à temps. Je m’assis sur ma chaise, prêt à démarrer la présentation, mais personne n’est encore arrivé. C’est chaque fois la même histoire, avec les fonctionnaires. Toujours en retard, comme s’ils n’avaient eu aucune mère pour leur enseigner à se rendre à table dans les temps.
Après une longue attente où j’ai bâillé à m’en décrocher la mâchoire, je constate que l’éclairage est encore trop fort pour la projection. Je m’avance alors devant les stores, qui sont à moitié ouverts, et j’empoigne leur chaînette. Évidemment, je tire du mauvais côté et j’ouvre les battants bien grands, me retrouvant ainsi enveloppé d’une vive lumière qui me brûle la rétine.
En plissant les paupières, j’ai peine à voir l’extérieur flamboyant. Je pose la main en visière sur mon front, puis, alors que l’hiver se dévoile, je me retrouve hypnotisé. La neige se répand en petits flocons dans la brise matinale. En bas, on a déjà investi la glace du carré, où des patineurs s’amusent sous des cantiques de Noël. Quelle vue merveilleuse. Je relève le visage et vois le Soleil qui émerge derrière un nuage, et pourfend la grisaille de ses chaleureuses flèches. Les cimes du château Frontenac reluisent comme si les portes du paradis s’ouvraient devant elles. Un manteau d’or et d’argent enveloppe la ville, la réconforte d’une nuit où aucune étoile n’a brillé dans le ciel.
J’entends alors les fonctionnaires entrer dans la pièce, et je m’empresse de refermer les stores.
Une demi-heure plus tard, je pianote sur la souris pour que défilent mes diapositives. On me demande si, à l’image six, il serait préférable d’utiliser Arial au lieu de Times. Cette question ridicule n’obtient aucune réponse. On a gaspillé de la salive, car je ne suis plus dans ce local. Mes pensées ont glissé en cours de route, je me suis égaré de l’autre côté du mur, sous le soleil, là où les néons n’ont jamais existé.
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La lumière point
nov. 26e, 2006 | 10:16 pm
Depuis douze semaine, je produis du travail. Depuis douze semaines, la vie me l'aspire dans son néant scolaire. Je n'aurais jamais pensé endurer cela aussi longtemps. Mon seuil de tolérance au surménage a augmenté, tellement que travailler pour le gouvernement est devenu pour moi une façon de me détendre.
Je célèbre aujourd'hui le premier anniversaire de ma mono qui m'a crissé à terre un bon six mois, et qui m'a ralenti le système pendant une autre demi-année. Disons que je la considère officiellement terminée aujourd'hui. On n'en parle plus.
Avec tout ce chemin parcouru dans la brousse universitaire (même s'il est bref), j'en viens à songer à la fin, un peu comme le soldat qui voit venir la fin de la guerre, et qui commence à songer qu'il rentrera peut-être chez-lui, après tout. J'ai hâte de ne plus considérer le moindre de mes loisirs comme un retard accumulé. J'ai hâte de reprendre ma vie de noctambule. Hâte d'écrire sans toujours devoir sacrifier pour écrire.
La lumière commence à poindre. Mon contrat gouvernemental achève. Techniquement, il devrait être terminé avant 2007, et ce sera au moins huit heures de gagnées par semaine. J'ai aussi réussi à me faire exempter un cours pour la session prochaine. Donc, si on se fie à la pondération, neuf heures de gagnées par semaine, pour un total de dix-sept. Presqu'une journée en boni, c'est déjà pas mal pour recommencer à vivre.
Je célèbre aujourd'hui le premier anniversaire de ma mono qui m'a crissé à terre un bon six mois, et qui m'a ralenti le système pendant une autre demi-année. Disons que je la considère officiellement terminée aujourd'hui. On n'en parle plus.
Avec tout ce chemin parcouru dans la brousse universitaire (même s'il est bref), j'en viens à songer à la fin, un peu comme le soldat qui voit venir la fin de la guerre, et qui commence à songer qu'il rentrera peut-être chez-lui, après tout. J'ai hâte de ne plus considérer le moindre de mes loisirs comme un retard accumulé. J'ai hâte de reprendre ma vie de noctambule. Hâte d'écrire sans toujours devoir sacrifier pour écrire.
La lumière commence à poindre. Mon contrat gouvernemental achève. Techniquement, il devrait être terminé avant 2007, et ce sera au moins huit heures de gagnées par semaine. J'ai aussi réussi à me faire exempter un cours pour la session prochaine. Donc, si on se fie à la pondération, neuf heures de gagnées par semaine, pour un total de dix-sept. Presqu'une journée en boni, c'est déjà pas mal pour recommencer à vivre.
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En le piano
oct. 16e, 2006 | 06:01 pm
mood:
amused
Sauve-le et marche en l’eau c’est haut. Lui il lit dit rit. Elle, non. Il ne non sur son pas. Car c’est lui le leur et il ne rit d’autre que il dans son sens insensé. Ne pas dire de pas ne dire, car il lui le dit. Ne dit pas ce que il n’as pas de dit, sinon lui le dira. Il dit que lui ne dis pas. Garde ton silence. Laisse-le pleurer pour rien.
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Ma voiture est loin d'être neuve
oct. 10e, 2006 | 01:08 am
mood: accomplished
Shit! Je reviens du miroir, dans la salle de bain, et je m'installe devant mon ordi pour continuer ma délicate tâche de triage de vieilles photos, celles qui ont survécu au désastre du disque-dur qui a explosé de l'intérieur. J'ai eu peur! Vraiment, là, en regardant mes photos de 2003, l'année de mon entrée au cégep, j'ai l'air d'un kid. En fait, je pense que je n'ai pas vieilli entre 1999, l'année où j'ai quitté le secondaire, et 2003, l'année de ma Renaissance, où je suis retourné au cégep avec, cette fois, un objectif. La cause? J'ai rien fait. Bien en fait j'ai travaillé dans un abattoir, mais c'est pas compliqué.
Toutefois, de 2003 à 2006 (today), je me regarde et... on dirait que j'ai vieilli de 10 ans. Je ne trouve pas d'explication immédiate à cette impression. J'ai peut-être callé du front, quelques rides, peut-être que ma mono m'a généreusement laissé, au passage, quelques poches sous les yeux.
Cela me porte seulement à croire qu'un corps humain, c'est comme une voiture. Si on y fait attention, il ne s'usera pas. Par contre, faut s'attendre à une dégradation si on le cochonne (abus de travail, coups de brake à bras, pèse au fond, une p'tite brosse, pneus d'été en hiver, insomnie, faire crisser la transmission, mauvaise humeur, oublier de changer l'huile, être en crisse, manger du fast-food, laisser faire l'anti-rouille, se bourrer de pillules, tracer, s'exploser la patate juste en se levant du divan et s'dire : « ostie que j't'en forme! »).
Toutefois, de 2003 à 2006 (today), je me regarde et... on dirait que j'ai vieilli de 10 ans. Je ne trouve pas d'explication immédiate à cette impression. J'ai peut-être callé du front, quelques rides, peut-être que ma mono m'a généreusement laissé, au passage, quelques poches sous les yeux.
Cela me porte seulement à croire qu'un corps humain, c'est comme une voiture. Si on y fait attention, il ne s'usera pas. Par contre, faut s'attendre à une dégradation si on le cochonne (abus de travail, coups de brake à bras, pèse au fond, une p'tite brosse, pneus d'été en hiver, insomnie, faire crisser la transmission, mauvaise humeur, oublier de changer l'huile, être en crisse, manger du fast-food, laisser faire l'anti-rouille, se bourrer de pillules, tracer, s'exploser la patate juste en se levant du divan et s'dire : « ostie que j't'en forme! »).
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Et viennent les feux
sep. 28e, 2006 | 02:23 pm
J’m’emmerde. Mon chien est en train de me baver dessus et ma tasse est encore vide. Une chance que je t’ai, toi, mon beau Krash. Tu baves partout mais au moins tu me comprends. Et sûrement que personne arrêterait si t’étais pas là à faire pitié. Le monde s’en sacre bien de moi, et ils font bien; je me sacre d’eux aussi. Mais pas toi, hein? J’aime ça quand tu me regardes de même. Moi, j’suis ton ami. Tiens, j’te gratte un peu.
J’ai fait juste une piastre aujourd’hui, et c’est parce que je l’ai trouvé par terre. Maudits chiens sales. Eux pis la police. Tout le monde s’arrange pour qu’on crève de faim. J’ai juste assez de blé pour acheter de la bouffe à mon beau Krash. Moi, j’vais attendre à demain. J’suis capable d’endurer, moi. Hein? J’ai appris à vivre à la dure. C’est pas comme mon ancienne salope qui arrêtait pas de chialer. Elle doit bien être morte à l’heure qui est là. À chialer comme ça, même Krash pouvait plus l’endurer. Elle était comme une bourgeoise déguisée en punk. Reste dans ta p’tite villa avec les autres Parasuco-bitch. Ta place, c’est pas dans la rue.
Bon. Feu rouge. C’est le temps de prendre ma chaudière et d’essayer une dernière fois.
Maintenant, pour que la police nous laisse tranquilles, on en peut plus seulement prendre notre raclette et faire ce qu’on fait d’habitude. Il a fallu se faire des cartons avec « Lavage? » écrit dessus. On les montre aux chauffeurs, et ils disent s’ils veulent qu’on nettoie ou pas. Comme ça, c’est considéré comme un « service avec contribution volontaire », et c’est légal. Si la police nous coffrait pour ça, il faudrait qu’ils arrêtent tous ceux qui font de la publicité par téléphone.
C’est bien beau être en loi, mais maintenant qu’il faut attendre un « oui » de la part du chauffeur, on lave plus rien. Les bourgeois ont seulement ça à faire, enlever les pissenlits sur leurs terrains et nettoyer leurs maudits chars. Ils sont toujours propres, leurs pare-brise. Fait chier! Et même quand ils sont sales, les bourgeois, ça donne pas un rond. Ils sont riches parce qu’ils ont tout le temps appris à garder tout pour eux comme des gros cochons.
« Oui, je l’ai vu que tu m’as dit non! Ça te dérange pas si je te montre ma pancarte un peu plus proche, pour être certain que t’as bien lu? »
J’m’avance un peu pour qu’elle me voie comme du monde. J’ai faim! Tu veux le faire laver ton pare-brise! Coupe un peu sur le maquillage, bitch, pis donne moi ta piastre.
La chauffeuse veut rien entendre. J’me penche devant sa vitre pour la regarder dans le blanc des yeux.
Ostie! C’est mon ex.
J’ai fait juste une piastre aujourd’hui, et c’est parce que je l’ai trouvé par terre. Maudits chiens sales. Eux pis la police. Tout le monde s’arrange pour qu’on crève de faim. J’ai juste assez de blé pour acheter de la bouffe à mon beau Krash. Moi, j’vais attendre à demain. J’suis capable d’endurer, moi. Hein? J’ai appris à vivre à la dure. C’est pas comme mon ancienne salope qui arrêtait pas de chialer. Elle doit bien être morte à l’heure qui est là. À chialer comme ça, même Krash pouvait plus l’endurer. Elle était comme une bourgeoise déguisée en punk. Reste dans ta p’tite villa avec les autres Parasuco-bitch. Ta place, c’est pas dans la rue.
Bon. Feu rouge. C’est le temps de prendre ma chaudière et d’essayer une dernière fois.
Maintenant, pour que la police nous laisse tranquilles, on en peut plus seulement prendre notre raclette et faire ce qu’on fait d’habitude. Il a fallu se faire des cartons avec « Lavage? » écrit dessus. On les montre aux chauffeurs, et ils disent s’ils veulent qu’on nettoie ou pas. Comme ça, c’est considéré comme un « service avec contribution volontaire », et c’est légal. Si la police nous coffrait pour ça, il faudrait qu’ils arrêtent tous ceux qui font de la publicité par téléphone.
C’est bien beau être en loi, mais maintenant qu’il faut attendre un « oui » de la part du chauffeur, on lave plus rien. Les bourgeois ont seulement ça à faire, enlever les pissenlits sur leurs terrains et nettoyer leurs maudits chars. Ils sont toujours propres, leurs pare-brise. Fait chier! Et même quand ils sont sales, les bourgeois, ça donne pas un rond. Ils sont riches parce qu’ils ont tout le temps appris à garder tout pour eux comme des gros cochons.
« Oui, je l’ai vu que tu m’as dit non! Ça te dérange pas si je te montre ma pancarte un peu plus proche, pour être certain que t’as bien lu? »
J’m’avance un peu pour qu’elle me voie comme du monde. J’ai faim! Tu veux le faire laver ton pare-brise! Coupe un peu sur le maquillage, bitch, pis donne moi ta piastre.
La chauffeuse veut rien entendre. J’me penche devant sa vitre pour la regarder dans le blanc des yeux.
Ostie! C’est mon ex.
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L’acarien et l’être suprême
sep. 21e, 2006 | 10:57 am
location: Chenous
mood:
okay
music: Celtic moods
Sur les mailles d’un tissu froissé, six acariens, l’un grossier et cinq bien élevés, recherchaient ensemble leur provende. Ayant atteint désespérance, ils virent enfin une longue et délicieuse peau choir devant eux. Les acariens se ruèrent alors sur le festin et, de leurs petites mandibules, se régalèrent avec couteaux et fourchettes fraîchement lavées.
Durant ce somptueux banquet, l’acarien indélicat se goinfra comme un porc. En dévorant sa nourriture sans s’arrêter, il se mit à grandir à vue d’œil et continua, encore et encore, à engloutir les petites peaux les unes après les autres. Au bout du compte, il mangea jusqu’à atteindre cinq fois la taille de ses convives. Ces derniers, plus raffinés, nettoyaient déjà leur argenterie en discutant sur le rustre qui les accompagnait :
— Non mais! Quelle façon de se comporter à table!
— Que dirait sa pauvre mère?
Le géant entendit ces viles proférations; et il n’hésita pas une seconde pour dévorer sauvagement ses compères. Son corps atteignit alors une taille digne d’un empereur incontestable, qui régnerait sur ces pauvres petits acariens, ces minuscules ronchonneurs, obnubilés par leur étiquette et leur savoir-vivre.
Et, pendant qu’il fantasmait de pouvoir et de conquête, une gigantesque vague se dressait à l’horizon. Une vague mousseuse et puissante, qui dégageait des arômes de printemps, qui serait suivie d’une longue marée. Une marée, pour évacuer les cadavres insignifiants d’un peuple rêveur.
Car, on doit se l’avouer, la cruauté du tout puissant n’a d’égal. Surtout, lorsqu’il veut nettoyer sa chemise.
Durant ce somptueux banquet, l’acarien indélicat se goinfra comme un porc. En dévorant sa nourriture sans s’arrêter, il se mit à grandir à vue d’œil et continua, encore et encore, à engloutir les petites peaux les unes après les autres. Au bout du compte, il mangea jusqu’à atteindre cinq fois la taille de ses convives. Ces derniers, plus raffinés, nettoyaient déjà leur argenterie en discutant sur le rustre qui les accompagnait :
— Non mais! Quelle façon de se comporter à table!
— Que dirait sa pauvre mère?
Le géant entendit ces viles proférations; et il n’hésita pas une seconde pour dévorer sauvagement ses compères. Son corps atteignit alors une taille digne d’un empereur incontestable, qui régnerait sur ces pauvres petits acariens, ces minuscules ronchonneurs, obnubilés par leur étiquette et leur savoir-vivre.
Et, pendant qu’il fantasmait de pouvoir et de conquête, une gigantesque vague se dressait à l’horizon. Une vague mousseuse et puissante, qui dégageait des arômes de printemps, qui serait suivie d’une longue marée. Une marée, pour évacuer les cadavres insignifiants d’un peuple rêveur.
Car, on doit se l’avouer, la cruauté du tout puissant n’a d’égal. Surtout, lorsqu’il veut nettoyer sa chemise.
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Mais je suis allé faire l'épicerie, à la place
sep. 14e, 2006 | 08:59 pm
mood:
tired
Je dois me l'avouer, et c'est une première. Tout à l'heure, en revenant de l'université, en voyant l'autoroute 40 s'étirer vers l'horizon d'une droitesse invitante, j'ai eu envie de partir sur un road-trip.
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Ça devrait m'atteindre?
juil. 24e, 2006 | 06:25 pm
mood:
thoughtful
J'ai été bouleversé durant la fin de semaine. Il s’est passé ce que tout le monde a déjà vu dans un film, dans un show d’humoriste ou dans la vraie vie, même. L’un de mes meilleurs chums a volé la blonde d’un autre de mes meilleurs chums, tout en le trompant préalablement. C’t’une histoire comme les autres, on l’a déjà entendu. Des milliers de fois même.
Pourtant, je rage intérieurement… Ça m’atteint comme si c’est moi qui étais la victime.
On se connaissait depuis 10 ans. On a tout fait ensemble. Des mauvais coups, on en a fait quelques-uns (et des très bien manigancés, même). On s’amusait dans notre sous-sol en jouant à des jeux de rôles. Des fois, il nous arrivait une bourde et on se relevait ensemble. Une bonne gang, je vous le dis! Des jeunes de tous les âges, de toutes les tranches sociales, unis pas une amitié solide! Et là, vlan! L’un d’eux vient de tout briser pour une gonzesse, sur un coup de tête. Et comment a-t-il fait ça? Il lui en a parlé, au chum de la fille? Il a pensé à trouver des solutions intelligentes? Pas du tout! Il l’a fréquenté dans son dos! Il l’a sauté dans son dos! C’est sa fête dans une semaine, il peut bien se permettre ce petit luxe, après tout.
Mais ce n’est pas à moi que c’est arrivé, et je rage quand même.
J’ai été heureux de lire les sages paroles de mon frère aujourd’hui, qui m’ont beaucoup éclairé (et oui, ça lui arrive des fois d’être sage!) : « Je pense qu'une vie saine est remplie d'un juste équilibre de temps passé seul, de temps passé avec des amis et de temps passé avec une amoureuse. Ça permet d'alterner trois réalités différentes et ça, c'est sain. La raison qui nous pousse tous à réagir est que la gang d'amis qu'on avait était en fait un "sanctuaire" où on pouvait rire de la bêtise humaine puisqu'elle n'en faisait pas partie... jusqu'à récemment... En fait, la raison qui nous rend tous aussi réactifs, c'est parce que le sanctuaire a été violé, et pas par n'importe qui: par quelqu'un qui en faisait partie... »
Je crois que cette histoire m’amène une bonne leçon sur l’amitié… et sur l’amour, surtout. Je sais que c’est beau, l’amour. Mais quand cette émotion se roule dans le trou vaseux du mensonge, de la tromperie, de la trahison et de l’égoïsme, qu’on ne vienne pas me louanger ces histoires.
Comme dans tout, il y a une façon pour faire les choses.
Pourtant, je rage intérieurement… Ça m’atteint comme si c’est moi qui étais la victime.
On se connaissait depuis 10 ans. On a tout fait ensemble. Des mauvais coups, on en a fait quelques-uns (et des très bien manigancés, même). On s’amusait dans notre sous-sol en jouant à des jeux de rôles. Des fois, il nous arrivait une bourde et on se relevait ensemble. Une bonne gang, je vous le dis! Des jeunes de tous les âges, de toutes les tranches sociales, unis pas une amitié solide! Et là, vlan! L’un d’eux vient de tout briser pour une gonzesse, sur un coup de tête. Et comment a-t-il fait ça? Il lui en a parlé, au chum de la fille? Il a pensé à trouver des solutions intelligentes? Pas du tout! Il l’a fréquenté dans son dos! Il l’a sauté dans son dos! C’est sa fête dans une semaine, il peut bien se permettre ce petit luxe, après tout.
Mais ce n’est pas à moi que c’est arrivé, et je rage quand même.
J’ai été heureux de lire les sages paroles de mon frère aujourd’hui, qui m’ont beaucoup éclairé (et oui, ça lui arrive des fois d’être sage!) : « Je pense qu'une vie saine est remplie d'un juste équilibre de temps passé seul, de temps passé avec des amis et de temps passé avec une amoureuse. Ça permet d'alterner trois réalités différentes et ça, c'est sain. La raison qui nous pousse tous à réagir est que la gang d'amis qu'on avait était en fait un "sanctuaire" où on pouvait rire de la bêtise humaine puisqu'elle n'en faisait pas partie... jusqu'à récemment... En fait, la raison qui nous rend tous aussi réactifs, c'est parce que le sanctuaire a été violé, et pas par n'importe qui: par quelqu'un qui en faisait partie... »
Je crois que cette histoire m’amène une bonne leçon sur l’amitié… et sur l’amour, surtout. Je sais que c’est beau, l’amour. Mais quand cette émotion se roule dans le trou vaseux du mensonge, de la tromperie, de la trahison et de l’égoïsme, qu’on ne vienne pas me louanger ces histoires.
Comme dans tout, il y a une façon pour faire les choses.